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Star Trek : l'USS Baltimore

 
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Minos
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MessagePosté le: Jeu 14 Aoû - 10:21 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

Voilà une histoire en cours d'écriture, qui comprendra deux parties d'une dizaine de chapitres chacun.

Elle se déroule à l'époque de TOS mais ne comprend que des persos inventés par mes soins. Voici donc sans plus attendre le premier chapitre.


Introduction


Le sous-lieutenant Harry Harlington transpirait à grosses gouttes, à cause de la température caniculaire qui le faisait littéralement cuire dans son uniforme. En tant qu’officier de Starfleet, il estimait qu’il devait cacher tout signe d’inconfort physique, aussi tâcha-t-il de rester aussi impassible que le plus pur des Vulcains.
La difficulté à conserver son stoïcisme était rehaussée par la conduite nerveuse de l’aspirant assis au volant, à ses côtés. Il semblait déterminé à pousser sa jeep pour battre d’improbables records de vitesse sur le chemin tapissé d’ornières. Suite à une énième embardée, Harlington comprit qu’il pouvait éteindre son bloc de données : impossible de travailler dans ces conditions-là. Les multiples problèmes qu’il avait à résoudre devraient attendre. Il croisa les bras sur sa poitrine et réfléchit à la situation.

Les rapports qu’il avait lu sur sa nouvelle affectation l’inquiétaient au plus haut point. Le cadeau empoisonné par excellence, semblait-il. Pensée confirmée par le délai qui lui était octroyé pour remettre son navire en état de marche, à savoir seulement un mois.
Son navire ! Il ne pouvait pas empêcher une certaine émotion de s’emparer de lui quand il songeait qu’il venait de recevoir son premier commandement. Pour s’assurer qu’il ne rêvait pas, il posa les yeux sur ses poignets. Pour la millième fois, il y découvrit le liseré pointillé d’or, insigne de son nouveau grade de sous-lieutenant, et fut aussi émerveillé de le voir que la première fois, trois jours auparavant. Au moins, il avait eu le temps de se faire au port de son uniforme doré, indiquant son appartenance à la branche de commandement.
Restait à se montrer à la hauteur, ce qui serait une autre paire de manches.

Il posa les yeux sur les alentours et fut impressionné de voir le nombre de navires de taille moyenne ou modeste, stationnés dans une partie des Quartiers Généraux de la Flotte, à San Francisco…penser que la plupart de ses vaisseaux ne revoleraient jamais le sidérait. Et pourtant, dans ce périmètre où les navires obsolètes de la Flotte végétaient, certains étaient encore prêts à reprendre du service, et comptaient même quelques membres d’équipage, même si leur nombre était réduit au strict minimum vital…voire parfois moins.

– C’est celui-là, fit le conducteur, après avoir contourné une navette antédiluvienne.
Harlington se retint juste à temps de ne pas faire une grimace. Si la navette qu’ils venaient de dépasser était une antiquité, que dire du navire qu’il avait sous les yeux, et qui était sa destination, pire encore, son nouveau foyer ?

Pourvue de trois ponts, la corvette USS Baltimore NCC-1152 appartenait à la classe Pluton. Pourvue d’un équipage réduit, vingt-quatre membres capitaine inclus, elle avait déjà servie Starfleet pendant trois décennies, avant d’être rapatriée sur Terre après avoir subie de graves avaries suite à un engagement violent. De là, elle aurait due être réparée, mais de nouveaux modèles venaient d’être produits par Starfleet, qui s’était empressé d’y muter les officiers les plus méritants. Depuis lors, privée de commandant, la corvette avait peu à peu sombré dans l’oubli, et la remise en état dont elle avait besoin n’avait jamais été effectuée.
Deux ans et demi après son atterrissage, Harry Harlington avait le résultat sous les yeux. La corvette était recouverte d’une épaisse couche de poussière. En une dizaine d’endroits, Harlington vit des impacts carbonisés. Tirs de phasers, peut-être ? Il trouva sidérant de voir que les réparations n’avaient pas été effectuées, surtout que le navire avait regagné la base deux ans et demi auparavant, et fut encore plus écœuré de découvrir que des pans entiers de la coque manquaient. De ces plaies béantes, il vit un enchevêtrement de fils et de structures métalliques, dont certaines étaient attaquées par une substance rougeâtre…de la rouille ? Voilà qui était inimaginable !
Son conducteur stoppa la jeep au pied de la rampe d’embarquement escamotable qui menait à l’intérieur. Harlington en descendit, empoigna son sac à dos et hocha la tête en destination du soldat. Celui-ci salua puis fit faire demi-tour à son véhicule, avant de mettre les gaz.
Harlington mit son sac sur son dos, soupira, avant de se mettre à gravir les vingt mètres d’escalier qui le séparaient du sas latéral de la corvette, qui faisait office d’entrée « officielle » et qu’il voyait ouvert. Arrivé en haut, il vit que personne n’était là pour l’accueillir. Etrange…il avait pourtant pris soin d’envoyer un message sur la fréquence de communications du navire. Et quoi qu’il en fut, on ne laissait pas l’entrée d’un navire sans surveillance, c’était un manquement pour le moins grave à toute règle élémentaire de sécurité.

Il entra, et son étonnement ne connut plus de borne quand il vit que le sol du couloir était sale, et que des toiles d’araignée couraient de place en place au plafond. Guidé par son bloc de données, dans lequel il avait téléchargé le plan du navire, il se planta devant l’ascenseur le plus proche et appuya sur le bouton qui l’appellerait. Rien ne se produisit. Il se rendit compte d’une anomalie à laquelle il n’avait pas fait attention jusque-là. Nul bruit ne parcourait le navire. Ni vrombissement, ni « bip » électronique d’aucune sorte. Le vaisseau était comme mort. L’éclairage n’était assuré que par les systèmes de secours, d’après ce qu’il en voyait.
Il poursuivit son exploration, à la recherche des quelques membres d’équipage qui auraient dû se trouver là. Il finit par entendre du bruit et porta ses pas vers leur origine, qui s’avéra être le mess, dont la porte était ouverte. Il s’arrêta sur le seuil, interloqué.
Là aussi, la propreté de la pièce n’était plus qu’un lointain souvenir. Quelques peintures avaient été accrochées aux murs, au mépris du règlement, et quelques posters représentant des femmes posant lascivement y baillaient paresseusement. Le comble était sans conteste les fils métalliques qui parcouraient la pièce, et sur lesquels pendait du linge !
Les trois humains qui se trouvaient dans la pièce, regroupés autour d’une table et cartes en main, n’avaient pas remarqué sa présence, trop concentrés sur leur partie de poker en cours.

Le sous-lieutenant Harry Harlington se força à garder son calme et expira lentement. Il entra en ordonnant d’un ton sec, digne d’un sergent-chef :
– Gaaarde-à-vous !
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MessagePosté le: Jeu 14 Aoû - 10:21 (2008)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 14 Aoû - 11:06 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

C'est un très bon début, très bien écrit, et ça se lit tout seul. Okay
En plus, pas besoin d'être forcément un Trekker pour apprécier...

Vivement la suite !! Smile
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MessagePosté le: Dim 21 Sep - 10:28 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

Allez, ça fait longtemps que j'ai pas mis la suite, justement... Wink

Chapitre 1 : prise de contact


Les trois hommes mirent deux à trois secondes pour réagir, avant de retrouver leurs réflexes de soldats ayant reçu un ordre de la part d’un supérieur. Ils bondirent pour s’aligner devant leur table de jeu et se mirent en position, raides comme des piquets.
Harlington posa son sac à dos par terre et se mit à faire les cent pas devant ses subordonnés, mains derrière le dos. De temps à autre, il leur décochait des regards assassins, juste pour le plaisir d’accentuer leur gêne. Une telle attitude était étudiée de sa part, et lui permettait de leur faire sentir à quel point ils avaient manqué à tous leurs devoirs.
Il se planta devant l’un des hommes, au visage émacié surmonté de cheveux bruns, et d’un teint pâle.
– Nom, grade, fonction à bord ? demanda Harlington, qui connaissait déjà la réponse, contenue dans son ordre de mission.
– Enseigne Dorin Lupescu, monsieur, détaché à la sécurité, répondit l’interpellé en roulant les « r ».
– Vous ? continua Harlington en s’arrêtant sur le suivant, cheveux noirs et teint mat.
– Enseigne Antonino Garcia, monsieur, pilote et navigateur de bord.
– Et vous ? termina Harry en faisant un nouveau pas de côté, pour scruter le visage poupin du dernier homme, plus jeune que les autres, cheveux roux, yeux verts et visage constellé de taches de rousseur.
– Aspirant Evander Mitchell, monsieur, sans fonction à bord, déglutit-il nerveusement.
– Mes données indiquent que vous avez été muté ici dès votre sortie de l’Académie, il y a trois mois ?
– Oui, monsieur. Je présume que ça a un rapport avec le fait que j’ai fini dernier de ma promotion, grimaça-t-il d’un ton aigre.
– Votre passé est derrière vous, et je m’en moque. Je ne juge les gens que sur leurs actes, par sur leurs cursus.

Harry reprit sa marche en silence, pour laisser ses hommes mariner dans leur jus. Enfin, il leur fit face et leur dit :
– Par ordre de l’Amirauté, moi, sous-lieutenant Harry Harlington, je prends le commandement effectif de l’USS Baltimore, immatriculation NCC-1152.
L’enseigne Garcia ne put se retenir de ricaner.
– Un problème, monsieur Garcia ? demanda Harlington sur un ton glacial.
– Permission de parler librement, monsieur ? se reprit Garcia, qui avait un peu de mal à recoller au protocole, depuis le temps qu’il végétait à cette affectation sans avenir.
– Profitez-en bien, ce ne sera pas tous les jours. Accordé, rétorqua sèchement le commandant.
– Cela fait deux ans et demi que nous avons atterri, et que les membres d’équipage ont été peu à peu mutés. Nous n’avons même plus de commandant depuis deux ans. Et vous venez nous dire que soudainement, l’Amirauté se souvient de notre existence, et veut que nous remettions le vaisseau en état de marche pour partir en mission…monsieur ?
Il faillit omettre de rajouter le « monsieur » de la fin de sa diatribe, mais s’en souvint juste à temps. Dans le même temps, il se rendit compte qu’il avait montré toute l’amertume que l’attitude de l’Amirauté avait induit en lui. Voilà qui pouvait mettre sur-le-champ un terme à sa carrière, mais il se consola en estimant qu’il était grand temps de faire cette mise au point, pour savoir à quelle sauce il allait enfin être mangé.
– Monsieur Garcia, cette corvette décolle dans exactement trente jours, pour accomplir la première mission de sa nouvelle carrière. Elle décollera avec ou sans vous. Si vous désirez demander votre mutation à une autre affectation, faites-le maintenant, je transmettrais.
Garcia resta silencieux trente secondes, perplexe, indécis, et mal à l’aise face à son commandant, dont les yeux noisettes ne le lâchaient pas. Quand il s’était engagé dans Starfleet, Antonino Garcia avait rêvé d’une grande carrière, mais celle-ci était bloquée dans cette voie de garage depuis plus de deux ans. Personne ne le prendrait sur un autre navire après une telle inactivité, et il le savait pertinemment. Seulement, à force de vivre dans l’oisiveté de l’épave qu’était devenue le Baltimore, il ne s’était jamais vraiment occupé de changer d’orientation professionnelle. Se pouvait-il que sa carrière soit relancée par ce nouveau départ ? Il finit par répondre :
– Je suis à vos ordres, monsieur.
– Bien. Monsieur Lupescu, en tant qu’officier de sécurité, je vous nomme à titre provisoire officier en second, le temps que nous ayons complété l’équipage. D’après mes informations, il manque un officier ici. Où se trouve l’enseigne O’Connor, détaché à l’ingénierie ?
– Je pense qu’il se trouve à la bibliothèque technique, monsieur, répondit Lupescu. Il y passe tout son temps.
– Contactez-le, je veux le voir sur-le-champ.
– Mais, monsieur…
– Quoi ? aboya Harlington.
– Notre système de communications ne fonctionne plus.
– Et vos communicateurs, où sont-ils ?
– Ils sont tombés en panne les uns après les autres, et n’ont jamais été réparés.
– Voici le mien. Garcia, Mitchell, remettez-moi immédiatement cette pièce en état. Je ne veux plus rien y voir traîner, ni même un grain de poussière. Est-ce clair ?
– A vos ordres, répondirent-ils à l’unisson.
Mitchell demanda timidement :
– Hum, monsieur ?
– Oui, aspirant Mitchell ?
– En ce qui concerne le ménage, il faudrait demander aux services logistiques de la Flotte de nous fournir en matériel, nous n’avons pas grand-chose à bord.
– Où sont vos tortues ? fit Harlington en faisant allusion aux petits robots de vingt centimètres de côté, montés sur roulettes et capables de monter aux murs comme aux plafonds et qui, une fois programmés, traquaient la moindre parcelle de saleté au sein des installations de la fédération.
– La dernière a rendue l’âme il y a six mois, monsieur.
– Et vous n’en avez pas demandé d’autres ?
– Personne ici n’est habilité à le faire, monsieur.
– Faites une demande par votre bloc de données.
– Nous n’en avons plus non plus, monsieur.
Sans un mot, Harlington sortit son propre bloc de données, se mit en liaison avec les Services Logistiques, et commanda vingt-quatre blocs de données, le même nombre de communicateurs, et deux « tortues ». Ceci fait, il conclut :
– Notre matériel est en route. Mitchell, jusqu’à nouvel ordre, je vous charge de la logistique à bord. Vous réceptionnerez nos marchandises et répondrez de leur état.
– Commandant, l’enseigne O’Connor est en route, intervint Lupescu.
– Bien. Mitchell, dès que cette pièce ressemblera à nouveau à un mess, vous irez vous poster au sas du navire. Personne ne rentre sans y avoir été invité. Prévenez-moi immédiatement quand O’Connor sera à bord. Garcia, vous continuerez à faire le tour du navire, au cas où d’autres pièces que celles-ci auraient besoin d’être rendues à leur fonction première.
Harlington sourit intérieurement en voyant Garcia pâlir. Visiblement, il n’y avait pas que dans le mess que ses hommes avaient pris leurs aises. Mais cela, il allait vite en avoir le cœur net.
– Lupescu, suivez-moi, nous allons faire le tour du bâtiment. Prenez mon bloc de données, vous y noterez tous les anomalies que je constaterais, et qui seront à corriger dans les plus brefs délais.
Dès que leur nouveau commandant fut sorti d’un pas vif, Lupescu sur ses talons, Garcia et Mitchell se regardèrent, encore sous le choc de la tornade qui venait de passer. Harlington repassa alors sa tête dans l’encadrement de la porte, et dit :
– Au fait, monsieur Garcia, la chemise ne fait partie de l’uniforme standard de Starfleet. Je vous saurais donc gré de vous débarrasser de la vôtre, au profit d’une tenue plus adéquate !
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MessagePosté le: Ven 24 Oct - 10:00 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

Bon, avant que cette histoire ne tombe dans les méandres de l'oubli par mon non-assiduité à venir en ces lieux, voici la suite. Wink

Chapitre 2 : impossible pari

Garcia et Mitchell parèrent au plus pressé dans le mess, en faisant disparaître dans leurs cabines respectives tout ce qui y était étranger au service. Vingt minutes leur suffirent pour faire place nette. Dans les couloirs, ils croisèrent à deux reprises leurs deux officiers supérieurs. Harlington s’exprimait d’un ton tranchant, autoritaire, et Lupescu prenait des notes au fur et à mesure sur le bloc de données. Quand il eut le loisir d’échanger un regard avec ses amis, ceux-ci virent un air de chien battu dans ses yeux.
Conformément à ses ordres, Mitchell se posta ensuite à l’entrée de l’USS Baltimore. Dix minutes s’étaient à peine écoulées qu’un camion se garait au pied de l’appareil. Cinq hommes en uniforme rouge en sortirent. Quatre d’entre eux déchargèrent prestement des cartons du camion, et les posèrent au pied de l’escalier. Le dernier, l’enseigne Mary O’Connor, monta les marches quatre à quatre pour rejoindre Mitchell.
– Qu’est-ce que m’a dit Lupescu ? On a un commandant, maintenant ?
– Oui, il…il donne des ordres et, entre nous, il n’a pas l’air très commode.
– Bon, je n’ai plus qu’à aller me présenter à lui, répondit l’ingénieur, en tirant sur sa tunique pour l’ajuster, avant de passer une main dans la frange blonde qui lui tombait sur le front.
– Hey, il me faut une signature pour la marchandise, fit l’un des hommes restés en bas.
– Vas-y, Mary, dit Mitchell, j’ai reçu ordre de ne pas bouger d’ici.
Quand elle fut en bas, l’officier de la Logistique secoua la tête et expliqua :
– Mes instructions sont de faire signer la décharge à l’officier de bord en charge de l’approvisionnement, un certain Mitchell.
Mary O’Connor remonta donc et, un peu essoufflée, garda l’entrée tandis que Mitchell descendait pour accomplir le premier acte officiel de sa nouvelle fonction.
Tandis qu’il commençait à monter un à un les lourds cartons, l’enseigne O’Connor partit à la recherche de son commandant. Vue la taille exiguë du navire, elle ne tarda pas à le trouver, sur la passerelle.

Elle effectua un impeccable salut et se présenta :
– Enseigne Mary O’Connor, à vos ordres, commandant.
– Repos, enseigne.
– L’aspirant Mitchell m’a chargé de vous annoncer que le matériel commandé est arrivé, monsieur.
– Parfait. Monsieur Lupescu, vous procéderez à la distribution des communicateurs et des blocs de donnée, lancerez les tortues à bord, et ferez mettre le reste sous clef, sous la responsabilité de Mitchell. Enseigne O’Connor, je vous nomme à titre provisoire ingénieur en chef du navire. Votre mission est de superviser toutes les remises en état afin que nous puissions décoller d’ici trente jours.
– Trente… ? C’est impossible, monsieur !
– Je ne veux pas le savoir, enseigne, rétorqua Harlington. Nous avons des ordres.
– Mais vous ne vous rendez pas compte, monsieur, de la somme de travail que cela va représenter !
– Faites-en la liste, et nous aviserons pour définir les priorités. Au boulot tout le monde ! Si vous avez besoin de moi, je suis dans ma cabine.

Harlington retourna au mess. Il fut satisfait de voir qu’à part l’omniprésente poussière, la pièce avait retrouvé son allure normale. Il attrapa son sac, que ses hommes avaient posé à l’entrée, et gagna sa cabine. Evidemment, la porte automatisée était en panne, comme les autres, aussi dut-il la débloquer manuellement avant de pouvoir entrer. La pièce, austère, se composait d’une couchette minuscule dans un coin, et d’un cabinet de douche-toilettes le long du même pan de mur. Une étagère qui courait jusqu’au plafond séparait cette partie « privée » de l’autre moitié de la chambre, où un bureau était fixé contre une cloison. Nulle de trace de l’ordinateur qui aurait dû d’y trouver. Restait un carré d’environ trois mètres de côté, que Harlington pourrait aménager comme bon lui semblerait.
Il sourit à la vue de la cabine pourtant exiguë. Voilà, il était chez lui ! Il attrapa son communicateur et s’ouvrit une fréquence :
– Mitchell, vous m’entendez ?
– Oui, commandant.
– Programmez une tortue et envoyez-la moi, je vous prie.
– A vos ordres, monsieur.
– Dressez la liste de tout ce dont nous allons avoir besoin pour vivre en autarcie, en commençant par des draps et des couvertures propres, et commandez-les auprès des Services Logistiques.
– Ce sera fait, monsieur.
D’ici une demi-heure, estima-t-il, et en attendant que la malle qui contenait le reste de ses bagages arrive, il aurait le temps de prendre ses aises. Il posa son sac sur la couverture légère et douteuse qui recouvrait sa couchette, et commença à déballer ses affaires.

Il fallut finalement une bonne heure pour que la cabine ressemble à un lieu de vie agréable. N’y manquaient que ses plantes, pour lesquelles il s’inquiéta, espérant qu’elles n’auraient pas trop souffert du voyage.
Quelqu’un frappa à la porte de sa cabine. Il la fit glisser et vit Mary O’Connor au garde-à-vous devant lui, son bloc de données à la main.
– Entrez, enseigne.
Les housse des deux fauteuils de sa cabine ayant moisi avec le temps, il ne la fit pas asseoir, et se contenta de lui faire face, les mains dans le dos.
Mary O’Connor prit son courage à deux et annonça le déluge de mauvaises nouvelles :
– Monsieur, la première chose à faire est évidemment de restaurer la puissance énergétique du navire. Le problème est que le système de survie qui l’équipe est un TX-23, et que ce modèle n’est plus fabriqué depuis vingt ans. Le Département Ingénierie de la Flotte ne dispose plus que de rares pièces, qui ne sont plus remplacées. Conclusion, nous ne pouvons pas réparer.
– Ce n’est pas le genre de conclusion que j’attends de votre part, enseigne, répondit Harlington d’une voix neutre.
– Je…j’ai réfléchi au problème, commandant, et je pense qu’il est possible d’adapter le système HZU-221. D’une part, c’est le tout dernier système qui ait été mis en fonction, et il est pourvu d’une adaptabilité qui devrait faire l’affaire.
Devrait, enseigne ?
– Fera, monsieur, corrigea l’ingénieur. Néanmoins, cela nécessitera de changer plusieurs kilomètres de câblages, pour des raisons de différences d’impulsion dans les transmissions. J’estime qu’il faudra quatre jours et autant d’ingénieurs pour effectuer ces ajustements.
– Quoi d’autre ?
– Nos nacelles de distorsion devront être changées pour coller aux dernières normes en vigueur, ainsi que la chambre à plasma et le réservoir de deuthérium. Comme toutes ces pièces sont standardisées le plus possible, pour être plus facilement adaptables aux différents navires de la Flotte, nous n’aurons pas trop de mal à les installer sur le Baltimore, monsieur. Huit ingénieurs chevronnés et trois semaines de travail sans répit devraient permettre d’en venir à bout.
– Ce délai aussi devra être raccourci, enseigne. Je m’occupe de vous trouver de la main-d’œuvre. Commandez toutes les pièces et les outils que vous estimerez nécessaires. Mais avant toute chose, je veux que vous vous assuriez que les systèmes de survie, eau, énergie, synthétiseurs de nourriture et tous ceux que j’oublie, fonctionnent le plus rapidement possible. A partir de maintenant, personne ne quitte le Baltimore sans autorisation. Le navire doit donc être à même de répondre à tous nos besoins quotidiens.
– Oui, monsieur. Monsieur…si je puis me permettre ?
– Oui, enseigne ?
– Vous avez parlé de trente jours d’ici le décollage ?
– En effet, enseigne.
– Je pense que le délai sera impossible à tenir, surtout qu’il faudra aussi remettre en état la coque, faire installer des senseurs et des détenteurs plus perfectionnés, remplacer tout l’équipement médical, sans oublier…
– Dressez vos listes et les priorités, coupa Harlington. Tout ce qui pourra être remis en état pendant le voyage attendra. Mais le reste sera accompli avant le décollage. Nous y veillerons. Envoyez une copie de votre rapport à l’enseigne Lupescu, afin qu’il fasse le lien avec Starfleet.
– A vos ordres, monsieur, répondit O’Connor avec un certain scepticisme.
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MessagePosté le: Ven 24 Oct - 13:09 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

Excellente histoire, j' adore !! Mr. Green

Vivemnt la suite avec impatience ! Smile
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MessagePosté le: Dim 2 Nov - 10:31 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

Merci KNIGHT ! Voici la suite... deux chapitres d'un coup. Wink

Chapitre 3 : les premiers jours

Les trois jours suivants furent épuisants pour l’équipage réduit. Harlington était partout, donnant des consignes, demandant des éclaircissements techniques, et surtout jaugeant ses hommes sous la pression qu’il avait en partie imposée. Car s’il prenait un malin plaisir à les faire s’activer dans l’urgence, il n’était pas le seul responsable de cette frénésie. A vrai dire, il en était même une victime, comme son équipage.

Les circonstances dramatiques survenues à bord de l’USS Eagle, lors de sa précédente affectation, avaient eu des conséquences contrastées. Les premières, très importantes pour Harry, avait été l’obtention de son grade de sous-lieutenant, ainsi que son premier commandement. Une autre, dont il ne pouvait pas être tenu responsable, avait été de révéler l’incompétence de l’officier en second de l’Eagle, Peter Sanders. L’enquête qui avait été menée suite au fiasco de la mission avait vu Sanders être saqué et dégradé.
Là où les choses se compliquaient, c’était que ledit officier était le neveu de l’amiral Graham Sanders qui, malgré son intervention auprès de la commission d’enquête, n’avait pu éviter son triste sort à son neveu.

Quand Harry avait reçu la convocation de l’amiral Sanders, il avait craint le pire. Il avait eu raison…et tort à la fois. Durant leur entrevue, l’amiral n’avait cessé de le scruter sous toutes les coutures, comme à le recherche d’une faille. Mais dans le même temps, il s’était contenté de lui apprendre d’une voix glaciale sa nomination à la tête de l’USS Baltimore, corvette de classe Pluton, avec ordre de la remettre en état sous trente jours.
Harry avait remercié l’amiral d’un ton neutre, et s’était jeté sur son bloc de données dès qu’il avait quitté le bureau de l’amiral. là, il avait pu se rendre compte que son premier commandement risquait fort d’être le dernier, et était resté immobile, tétanisé, en se rendant compte qu’il serait impossible de remettre l’USS Baltimore en état dans le laps de temps imparti. Le navire ne valait guère mieux qu’une épave, sans parler de son équipage, réduit à peau de chagrin. Le cadeau empoisonné par excellence : telle était la vengeance de l’amiral Sanders, qui avait décidé que Harlington était coupable de la déchéance de son neveu.

Harry était sorti de sa torpeur vingt minutes plus tard et, sourire de prédateur aux lèvres, s’était mis en quête d’un moyen de transport pour rallier sa nouvelle affectation. Il relèverait l’impossible pari !

Pour les membres de l’équipage, les trois premiers jours de remise en état furent contrastés, passée la surprise initiale. Au départ, ils furent très excités d’apprendre que leur carrière allait décoller, en même temps que le navire. Leur enthousiasme et leur célérité furent impressionnants, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte du travail titanesque qu’ils avaient à effectuer.
A partir de là, ils continuèrent les réparations, mais Harry sentit très vite que le cœur n’y était pas. Voilà qui était parfait pour lui, car il allait pouvoir montrer à ses hommes qu’il était plein de ressources et de surprises. Peu avant minuit, ce troisième jour, il prirent place autour d’une table dans le mess, pour leur briefing quotidien. Ils écoutèrent le sombre rapport de l’enseigne Mary O’Connor. Selon ce qu’elle avait dit à son commandant en aparté, il faudrait sept mois de travail, au même rythme que ces trois derniers jours, pour espérer avoir une corvette opérationnelle.
Tandis qu’elle parlait, Harlington observa les réactions de Lupescu, Garcia et Mitchell. Ils étaient las et n’écoutaient que d’une oreille. Ce que Harry comprenait et trouvait dommage tout à la fois. Ils manquaient de persévérance.
Un grand silence s’installa, suite à la fin du rapport de l’ingénieur, que Harry laissa se prolonger un certain temps. Ses hommes se regardèrent du coin de l’œil, puis finirent par se tourner vers lui. Dès qu’il avait toute leur attention, il prit la parole, posément.
– Enseigne O’Connor, répétez à nos camarades ce que vous m’avez dit cet après-midi, concernant le temps total que prendront les réparations.
Un peu interloquée, elle finit par obtempérer. Quand les membres de l’équipage comprirent que leur mission avait échoué avant même d’avoir commencé, ils restèrent plongés dans un silence fataliste.
Harry fit :
– Bien, nous sommes actuellement cinq membres d’équipage. Je vous rappelle que sur ce type de corvette, il y a un commandant, quatre ingénieurs, quatre pilotes et navigateurs, un médecin, un infirmier, quatre officiers scientifique, quatre officiers de sécurité et deux de logistique, soit vingt et une personnes. En outre, selon les missions, trois postes supplémentaires peuvent être occupés. Soit un équipage total se montant à vingt-quatre personnes.
J’ai étudié les dossiers de centaines de recrues potentielles et ma liste de choix finaux est partie au siège de Starfleet ce matin aux aurores. J’ai reçu la réponse suivante : dix-huit officiers manquants arrivent demain. Seul ma recrue pour le poste de médecin de bord semble poser problème, sans que j’en ai su plus.
Je vous octroie donc un jour de repos demain, que vous pourrez mettre à profit en accueillant vos nouveaux camarades. Profitez-en également pour faire venir vos bagages, s’il vous en manque, ou voir des amis ou des proches. Je vous rappelle que nous décollons dans vingt-sept jours !

Chapitre 4 : Le nouvel officier en second

Lupescu, O’Connor, Mitchell et Garcia furent debout aux aurores le lendemain. Plus par curiosité et pour découvrir les nouvelles recrues, que pour faire leurs préparatifs de départ. Une sourde anxiété ne les quittait pas, à l’idée de ne pas être capables de remettre en état le navire dans le laps de temps imparti. Ils étaient également en proie à une certaine excitation liée à l’arrivée des futurs membres d’équipage.
Harlington fut le premier levé et quand ses hommes le découvrirent, il était assis dans le mess, plongé dans les données de son bloc de données. Il les salua d’un sourire et d’un simple signe de tête au fur et à mesure qu’ils arrivèrent, moins formaliste que ces trois derniers jours.
Mary O’Connor, seule parmi l’équipage à avoir enfilé son uniforme, se servit un café noir au synthétiseur de nourriture et vint se planter face à son comandant, une barre de contrariété sur le front. Elle s’éclaircit discrètement la gorge et Harlington leva les yeux vers son ingénieur.
– Bonjour, enseigne. Vous avez quartier libre aujourd’hui, vous n’étiez pas obligée de vous mettre en tenue.
– Oui, monsieur, mais…je me vois mal prendre du repos alors qu’il y a temps de faire à faire. Je…puis-je vous parler, monsieur ?
– Asseyez-vous, je vous en prie.
– J’aimerais savoir comment nous allons nous sortir d’une telle situation, monsieur, si ce n’est pas indiscret, fit-elle les yeux baissés, tout en portant d’une main légèrement tremblante son café à ses lèvres.
Harlington remarqua les cernes sous les yeux de son officier, et la fatigue qui l’habitait. Elle avait l’air tellement vulnérable qu’il se demanda si elle n’était pas déjà au bord de la rupture, prête à craquer sous la pression.
Il arbora un sourire rassurant.
– N’ayez crainte, enseigne, je sais ce que je fais et surtout comment réussir.
Comme Lupescu, lui aussi en uniforme, entrait à son tour dans le mess, il lui fit signe de les rejoindre. Ce dernier n’en menait pas large non plus, dépassé par les responsabilités que Harlington lui avait confiées. En tant qu’officier en second, il devait être partout, penser à tout, concrétiser les ordres qui lui étaient donnés. Pour ce faire, il devait tout savoir sur tout, afin de connaître les procédures les plus efficaces pour parvenir à ses fins. Il avait encore moins que les autres depuis la prise de commandement de Harlington, et semblait avoir du mal à garder les yeux ouverts. Pourtant, il tentait d’être à la hauteur, même si la couche d’impassibilité derrière laquelle il se cachait s’émiettait petit à petit. Il ne parvenait à réprimer ses bâillements de lassitude qu’avec la plus grande peine.
– J’ai une bonne nouvelle pour vous deux. Monsieur Lupescu, vous avez de l’excellent travail en tant qu’officier en second, alors que la tâche était quasiment incommensurable dans de telles conditions. Vous avez réalisé un formidable intérim, qui aura préparé le terrain de fort belle manière au nouvel officier en second qui arrive aujourd’hui. Ainsi, vous allez pouvoir vous concentrer sur la section sécurité, dont vous êtes et resterez le chef.
Lupescu se contenta d’opiner du chef, mais le soulagement qui s’inscrivit sur ses traits fut assez éloquent.
– Il en va de même pour vous, enseigne O’Connor. Il n’y a rien à redire aux grandes lignes de votre plan de réfection du navire, mais il est impossible pour un seul ingénieur de formation, comme vous avez pu vous en rendre compte, de porter à bout de bras les réparations. Notre nouvel officier en second portera aussi la casquette d’ingénieur en chef. C’est une femme remarquable, très inventive, avec qui j’ai eu l’occasion de travailler récemment. Elle est auteure de plusieurs traités d’ingénierie, dans des domaines trop pointus pour que j’en connaisse plus que les noms, et qui lui ont valu quelques récompenses scientifiques.
– Et elle a accepté d’être mutée ici ? demanda Mary O’Connor, incrédule.
Sitôt cette question posée, elle s’empourpra en se rendant compte de sa maladresse, car elle sous-entendait que nul être sain d’esprit n’aurait demandé de son propre chef à se retrouver dans une telle galère.
Si le fin sourire de Harlington montra qu’il avait saisi l’allusion, il ne fit nulle remarque à ce sujet. Lupescu intervint, dans une pauvre tentative de détourner le cours de la conversation.
– Monsieur, vous êtes le commandant de bord, avec le grade de sous-lieutenant. Quel est le sien ? Il ne peut pas être plus important que le vôtre, mais à vous entendre, elle devrait déjà être au moins lieutenant.
– A vrai dire, elle vient de refuser une promotion pour rester sous-lieutenant. C’était la condition pour qu’elle puisse servir sous mes ordres.
O’Connor et Lupescu se turent, malgré les mille questions qu’ils auraient voulu poser. Quel était donc cet officier qui refusait une promotion pour se retrouver dans une voie de garage ? Cette femme avait-elle des liens autres que professionnels avec leur commandant ?
Le communicateur de Harry bipa.
– Harlington à l’écoute.
– C’est moi, fit une voix féminine et tranchante. Je suis devant l’écoutille du Baltimore, mais elle est fermée.
– J’arrive, ma chère.
Se tournant vers Lupescu et O’Connor, il demanda :
– Elle est là. Vous m’accompagnez ?
Ils se levèrent aussitôt, comme mus par un ressort.
Harry s’empara de sa tasse de café et sortit du mess en souriant, ses officiers sur les talons.

Harry déverrouilla l’écoutille, et Lupescu comme O’Connor se figèrent en découvrant le nouvel officier en second du Baltimore. Silhouette fine et élancée, engoncée dans son uniforme de Starfleet, dont le haut rouge indiquait son appartenance au département technique. Ses manches arboraient les liserés dorés de son grade de sous-lieutenant. Ses cheveux noirs étaient entortillés dans un impeccable chignon. Son teint blafard mettait en valeur ses yeux d’un vert émeraude. Et surtout…ses sourcils arqués, ses oreilles pointues et une impassibilité à toute épreuve indiquaient clairement son appartenance à l’espèce des Vulcains.
– Permission de monter à bord, commandant ? demanda-t-elle en se figeant dans un impeccable garde-à-vous.
– Permission accordée, lieutenant. Repos.
Se tournant vers ses officiers humains, il commença les présentations :
– Je vous présente le sous-lieutenant T’Savhek, ingénieur en chef et officier en second du Baltimore à partir de cet instant. T’Savhek, voici…
– …les enseignes Dorin Lupescu et Mary O’Connor, respectivement de la sécurité et de l’ingénierie, coupa T’Savhek. J’ai lu avec la plus grande attention les rapports que vous m’avez fait parvenir, commandant. Je me suis permise de retoucher quelque peu le plan de réfection du Baltimore. Quand organisons-nous un briefing pour en voir les détails ?
– J’ai donné quartier libre à mes officiers aujourd’hui, nous attendrons donc demain matin.
– Ce n’est pas un problème pour moi de le faire sur-le-champ, monsieur, répondit précipitamment Lupescu, visiblement désireux de plaire à cette femme aussi superbe qu’exotique à ses yeux.
– Pour moi non plus, ajouta O’Connor, nettement moins enthousiaste et qui semblait soupeser soigneusement son nouveau supérieur.
Instinctivement, Mary détestait déjà la nouvelle arrivante, et était prête à se défendre point par point sur les « retouches » que T’Savhek entendait apporter à son plan de remise en état.
– Parfait, allons au mess, fit nonchalamment Harlington, en buvant une gorgée de café.
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MessagePosté le: Dim 2 Nov - 12:54 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

pas encore lu ... Cool ... de nouvelles histoires peut-être pour relancer la Série Cool2

à l'époque de TOS .... ils connaissaient déjà Q !? ...
perso sûrement les épisodes que je préfère avec ceux du voyageur 7 of 9 Embarassed
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MessagePosté le: Dim 2 Nov - 12:58 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

Arf, je suis très loin d'avoir terminé mon exploration des séries Star Trek. Je connais TOS, j'ai vu les 2 premières saisons d'Enterprise, et vu des épisodes par-ci par-là des trois autres séries. Mais un jour, ô oui un jour... Laughing
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MessagePosté le: Ven 7 Nov - 09:04 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

Et voilà deux chapitres de plus. Smile

Chapitre 5 : Briefing


Le briefing improvisé entre Harlington, Lupescu, O’Connor et T’Savhek resta dans la mémoire des humains. A vrai dire, seules les deux femmes prirent la parole.

Harlington se contenta d’admirer son nouvel officier en second, en proie à une tendresse certaine, qu’il prit bien soin de cacher derrière un masque d’impassibilité. Comme depuis le premier jour où il l’avait rencontrée, il était sous le charme. L’ovale de son visage était parfait, ses courbes aussi, de son point de vue. Il soupira intérieurement. Mais pourquoi diable avait-il insisté pour qu’elle le rejoigne, alors que le simple fait de la voir était une torture ? Il était son supérieur hiérarchique. Il était humain, et elle Vulcaine. Deux raisons évidentes pour qu’il ne se passe jamais rien entre eux. D’ailleurs, Harlington avait toujours pris bien soin de ne pas dévoiler ce que T’Savhek lui inspirait. En plus des raisons sus-citées, il refusait d’espérer qu’elle puisse s’intéresser à lui.
Lui sortait de nulle part, et n’avait dû qu’à des circonstances exceptionnelles de se retrouver sous-lieutenant, avec un commandement.
Mais elle…elle appartenait à l’oligarchie familiale dirigeant Vulcain, et on trouvait dans sa famille de grandes figures politiques, et quelques hauts gradés de Starfleet. Elle avait fini seconde de sa promotion, s’était déjà distinguée à plusieurs reprises dans le domaine scientifique, au sein duquel elle semblait promise à un grand avenir.
Certes, Harlington savait qu’elle était très compétente, pointilleuse et perfectionniste professionnellement parlant, comme la majorité des Vulcains. Mais force était de reconnaître que ce n’était pas la raison principale pour laquelle il lui avait demandé d’être mutée à bord du Baltimore.

Il avait presque eu honte en lui présentant cette requête, car il n’avait pas osé imaginer qu’elle accepte de se retrouver à un poste ressemblant fort à une voie de garage.
Elle s’était contentée de hausser un sourcil, et avait affichée sur son bloc de données les informations concernant l’USS Baltimore NCC-1152. Elle avait rapidement parcouru le dossier, avant de déclarer froidement :
– Trente jours pour remettre en état et décoller ? Impossible.
– On parie ? avait-il rétorqué avec un sourire carnassier.
Cette simple réplique de Harlington avait suffit pour la convaincre d’accepter. Ce n’était pas la première fois qu’il usait de cette expression, qui était l’une de ses favorites, et T’Savhek avait déjà pu constater sur l’USS Eagle qu’à chaque fois que Harlington y avait eu recours dans des circonstances où toutes les chances semblaient être contre lui, il avait contre toute attente, contre toute logique, réussit à se dépêtrer de situations a priori impossibles.
– Banco, avait-elle répondu d’un ton impassible, démenti par une lueur d’amusement dans les yeux.
Cet humain avait le don de la surprendre, car son impulsivité habituelle, au-delà de la compréhension logique de la Vulcaine qu’elle était, avait plus d’une fois fait ses preuves.

Harlington revint au présent et essaya de suivre la joute verbale de ses deux officiers ingénieurs. Mary O’Connor semblait décidée à se faire l’avocate du diable, et avançait avec véhémence tous les arguments possibles et imaginables selon lesquels il leur serait impossible de décoller dans les temps.
Harlington nota avec satisfaction que son nouvel officier en second avait réponse à tout, bien que certaines des réponses laissaient son interlocutrice dubitative.
Pour sa part, la discussion dépassant largement ses connaissances techniques, il se contenta d’avoir l’air attentif.
A un moment, il croisa le regard de Lupescu. Le chef de la sécurité était aussi prudemment muet que lui. Il décocha un sourire amusé à son commandant, qui le lui rendit discrètement.

Ce qui ressortit de ce briefing fut que T’Savhek avait pensé à tout. Elle approuva quelques idées de O’Connor, mais apporta des modifications à la majorité des autres réfections proposées. En deux circonstances, les améliorations proposées par T’Savhek amenèrent des contre-propositions de O’Connor, qui furent acceptées par la Vulcaine.

Vers la fin de la réunion, Mary O’Connor exprima son plus grand malaise face aux propositions de sa supérieure :
– Lieutenant, votre plan de réfection est parfait, mais je crois qu’il ne prend pas en compte la réalité de notre situation. Nous n’avons que vingt-six jours pour remettre le navire en état, et même vingt-cinq puisque nous sommes de repos aujourd’hui. Même si l’équipage était complet et que tout le monde soit affecté aux réparations et mises aux normes, il nous faudrait au moins trois mois pour terminer !
– Quatre vingt-sept jours, selon mes calculs, rectifia T’Savhek.
– Ça en fait tout de même soixante-deux de trop.
– Certes, mais notre commandant nous a demandé de fournir un planning de réparation complet. Je présume qu’il a effectivement pensé à ce décalage, je me trompe ? demanda la Vulcaine en se tournant vers Harry.
– Vous ne vous trompez pas, lieutenant T’Savhek, répondit Harlington. Je veux que les réparations et les améliorations soient le plus complètes possibles. J’estime qu’il serait trop dangereux de se contenter de faire des rafistolages, qui seraient faits dans les temps mais comporteraient des risques pour notre sécurité future. Donc faisons les choses bien, et ne vous inquiétez pas de la course contre la montre dans laquelle nous sommes engagés. J’ai quelques surprises en réserve pour y pallier.
Le briefing prit fin peu après, et les deux femmes ingénieurs filèrent peaufiner leurs plans de réfection. Lupescu et Harlington s’attardèrent.
– Je n’ai pas tout compris, mais elles ont l’airr de savoirr ce qu’elles font, reconnut Lupescu.
– Indubitablement, oui.
– En tout cas, quelles femmes ! rajouta l’officier de sécurité avec admiration.
– Je ne vous le fais pas dire non plus, enseigne !

Chapitre 6 : le médecin

Pour l’équipage, le reste de la journée fut consacré à l’accueil des nouveaux membres. Dans ses demandes pour compléter l’équipage, Harlington avait mis un soin particulier à faire en sorte que les officiers déjà présents soient responsables de section : beaucoup des nouveaux étaient aspirants et sortaient tout droit de l’Académie.
Trois officiers de sécurité, trois pilotes-navigateurs, deux ingénieurs, un infirmier et un officier logistique firent leur apparition tour à tour.

Ne manquait plus que l’équipe des scientifiques, qui serait composée de quatre personnes, et le médecin de bord. Il semblait que Starfleet ait du mal à faire son choix en ce qui concernait les premiers, et l’organisation avait purement et simplement rejeté le dossier du médecin que Harlington avait sélectionné. Ses demandes d’explication restèrent vaines.

Il passa plusieurs heures avec T’Savhek et O’Connor. Les deux ingénieures étaient plongées dans la tâche très complexe d’organisation des travaux. Pires qu’un puzzle de dizaines de milliers de pièces, les réparations devaient suivre une logique rigoureuse, pour éviter le risque de devoir défaire certaines mises à niveau. Pourtant, malgré leurs efforts, elles durent reconnaître que dans certains cas, le casse-tête était insoluble : les interactions entre certains circuits allaient les obliger à en démonter certains jusqu’à cinq fois, leur faisant perdre un temps précieux dont elles ne disposaient pas par ailleurs.

Harlington les laissa finalement à leur calculs savants, avant que la migraine qu’il sentait venir ne s’installe. Il salua distraitement tous les nouveaux, qui prenaient leurs marques dans leur nouvel environnement, et s’amusa de voir la plupart d’entre eux se mettre au garde-à-vous instantanément à sa vue, comme s’ils étaient encore à l’Académie. Il faudrait qu’il fasse une annonce via l’intercom général, quand celui-ci fonctionnerait, afin de donner pour consigne de se contenter d’un signe de tête en guise de salut, comme cela se faisait dans tout bâtiment de Starfleet.

Vers la fin de la journée, alors qu’il s’était retiré dans ses quartiers, son communicateur bipa.
– Commandant ?
– Oui, T’Savhek ?
– Le nouveau médecin vient d’arriver, monsieur.
Etait-ce de la désapprobation qu’il sentait dans sa voix ?
– Je viens.
Le protocole n’était pas sa tasse de thé, mais Harlington estimait que l’accueil de ses officiers supérieurs était un minimum auquel il devait se plier. Après le médecin, il faudrait qu’il recommence une ultime fois, avec le chef du département scientifique.

En arrivant devant l’écoutille du Baltimore, il fut confirmé dans son impression première : T’Savhek avait l’air pour le moins mécontente, même si elle s’attachait à cacher ce sentiment.
Harlington s’arrêta net en voyant le nouveau membre de l’équipage. Cheveux noirs et courts, peignés soigneusement sur le front. Yeux verts, comme T’Savhek. Même forme générale de visage qu’elle, avec des traits plus marqués car masculins. Légèrement plus grand qu’elle, avec les mêmes oreilles pointues et les mêmes sourcils arqués. La ressemblance entre eux était flagrante.
– Commandant, fit T’Savhek froidement, je vous présente l’enseigne Sulok.
– Enchanté, enseigne, répondit Harlington sans tendre la main, mais en exécutant un salut vulcain maladroit. Longue vie et prospérité.
– Merci, commandant, répondit Sulok avec une indifférence que Harlington trouva presque insultante.
A ses côtés, T’Savhek restait impassible, incarnation de la désapprobation.
– Où se trouvent l’infirmerie, ainsi que ma cabine ?
– Toutes ces données sont dans ce bloc de données, répondit T’Savhek en lui tendant l’objet.
– Merci, lieutenant. Commandant, si vous voulez bien m’excuser.
– Je vous en prie, répondit Harlington en regardant Sulok s’emparer de sa malle, la hisser sur son épaule, allumer le bloc de données et s’en aller.

Quand il fut hors de vue, Harlington se tourna vers son second :
– C’est votre frère…jumeau ?
– En effet, commandant. Mais je ne souhaite pas en parler.
– Ah ? Vous êtes en froid ?
– Je vous ai dit que…
– J’ai entendu, lieutenant. Mais s’il y a des problèmes relationnels entre des membres d’équipage, je dois le savoir, répondit-il avec une véhémence qui le surprit lui-même.
T’Savhek faillit s’autoriser un soupir, avant de répondre :
– Mon frère et moi-même sommes issus d’une famille importante sur Vulcain. Et certains de ses membres s’inquiètent pour ma carrière, au vu de l’affectation que j’ai accepté.
– En venant ici ?
– Oui. Ce navire a un goût très avancé de voie de garage, selon l’amiral Stelek.
– Il est de votre famille ? s’étonna Harlington.
– C’est mon oncle. Il a voulu annuler ma mutation à bord du Baltimore, et j’ai dû me battre bec et ongles pour le faire revenir sur sa décision.
– Ah ?
Harlington était un peu perdu dans tout cela. Il reprit son interrogatoire :
– Mais pourquoi avoir voulu à tout prix être mutée sur le Baltimore, alors que votre influente famille était contre ?
– Justement parce que je refuse que le népotisme dirige ma carrière. Avez-vous une idée du nombre de postes qui m’ont été proposés depuis que nous avons quitté l’Eagle ?
– Euh, non, aucune.
– Dix-sept. Toutes ces demandes émanaient de capitaines voyant d’un œil intéressé le fait d’avoir une nièce d’amiral à leur bord.
– Vous en êtes sûre ?
– Cinq d’entre eux glorifiaient mon oncle dans leur message de contact. Sept parlaient de leur propre famille, servant Starfleet depuis plusieurs générations. Les quatre derniers faisaient presque montre de servilité à mon encontre.
– Et le dernier ?
– Son message m’est resté en mémoire. Il disait ceci :

Bonjour T’Savhek,

J’ose espérer que vous allez bien depuis notre dernier contact, il y a deux mois.
J’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai reçu le grade de sous-lieutenant et un commandement, conséquence directe de nos actions à bord de l’Eagle.
Visiblement, c’est un cadeau empoisonné, car il s’agit d’un navire qui n’a pas volé depuis deux ans et demi, et qu’il va falloir remettre en état en un mois. Mais comme d’habitude, je reste optimiste.
Je viens à l’instant de demander votre mutation sous mes ordres, tout en ne me faisant guère d’illusions. D’une part, vous avez obtenu le grade de lieutenant, ce qui vous place plus haut que moi dans la hiérarchie, et d’autre part, je suis certain que des navires prestigieux seront intéressés pour vous avoir à leur bord.
Mais je m’en serai voulu de ne pas avoir tenté ma chance, d’où ce message.

En vous souhaitant une bonne continuation dans votre carrière, et en espérant avoir de vos nouvelles prochainement.


– C’est de moi, sourit Harry, aux anges.
– En effet, commandant. La seule et unique demande de mutation qui transpirait la sincérité. J’ai trouvé cela…rafraîchissant, et le challenge intéressant.
– Opinion non partagée par votre famille, ajouta Harlington, qui découvrait des implications qu’il n’avait pas imaginé jusque-là.
– Oui. Il est évident que mon frère a été muté ici pour me surveiller, et s’assurer que je ne mets pas ma carrière en danger.
– Je vois…je crois. Et…comment est-il ?
– Il ne vit que pour son travail, et veut devenir le parfait Vulcain. Son plan de carrière est déjà établi : au sein de Starfleet, il veut finir commandant d’un vaisseau médical, avant d’intégrer l’Amirauté. Ensuite, il deviendra disciple puis maître de Kholinar.
– Du quoi ?
– Kholinar. C’est une école spirituelle vulcaine, dont les membres ne se contentent pas de maîtriser leurs sentiments. Ils vont jusqu’à les supprimer.
– Je trouve une telle idéologie étrange, avança Harlington.
– Pas pour un Vulcain, commandant. Ce sont nos émotions qui ont failli causer l’éradication de notre espèce. Depuis, tout Vulcain s’en méfie comme de la peste rigellienne.
– Quoi qu’il en soit et vu son plan de carrière, il est étrange qu’il ait accepté de faire partie de notre équipage.
– Ne vous méprenez pas, commandant. On ne lui a sûrement pas demandé son avis, et jamais il n’oserait s’opposer à un ordre de nos aînés.
– Mais vous, si, visiblement.
– Je suis Vulcaine, mais suis seule maîtresse de ma vie, dit-elle en plongeant son regard dans celui de Harry.
Harry crut y lire une intensité, un feu maîtrisé qui ne demandait qu’à sortir. Il faillit se laisser aller à un acte impulsif, avant de se reprendre et de détourner la tête, gêné.
– Travailler avec lui ne vous posera pas de problème ? demanda-t-il après un silence.
– Aucun, commandant, répondit-elle, à nouveau formaliste.

Quand ils se séparèrent peu après, Harry se maudit. Il avait été à deux doigts de tenter de la prendre dans ses bras pour l’embrasser fougueusement. Mais où avait-il la tête ? Elle était Vulcaine et lui humain, et sa famille gravitait dans les plus hautes sphères de Starfleet et de Vulcain.
Il devait se débarrasser définitivement de ses pensées insidieuses.
Ils étaient amis, et c’était déjà beaucoup, se dit-il. Il lui fallait être prudent, et ne pas tout gâcher. Même s’il trouvait la situation très frustrante. Et l’univers mal foutu.
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MessagePosté le: Jeu 18 Déc - 11:01 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

Chapitres 7 et 8. Smile

Chapitre 7 : Vaines avancées


Avant la fin de cette journée de repos, chaque membre d’équipage reçut un message sur son bloc de données, affectant tout le monde à la réfection du navire, et indiquant les horaires de travail pour les prochains jours. Chacun put constater que des journées de seize heures étaient prévues.
Si certains crurent à une erreur, ils déchantèrent aux aurores le lendemain matin, lorsque Harlington confirma sèchement ses ordres lors d’une courte réunion, au cours de laquelle il souhaita la bienvenue aux nouveaux arrivants.
T’Savhek organisa le travail : O’Connor, les deux nouveaux ingénieurs et elle-même se retrouvèrent chefs d’équipe, et les membres d’équipage dispatchés entre eux, Harlington y compris.

En quittant le mess, Sulok prit Harlington à part.
– Capitaine, en tant que médecin de bord, je proteste contre les horaires pléthoriques que vous voulez imposer. En conséquence de quoi, je compte déposer une plainte officielle contre vous auprès de l’Amirauté.
– Je croyais que les Vulcains étaient capables de travailler sur de longues périodes sans avoir besoin de repos ?
– En effet, capitaine, mais tel n’est pas le propos. Il n’y a que deux Vulcains à bord, et la majorité des membres de l’équipage sont humains, ce que je ne devrais pas avoir à vous rappeler.
– Pensez-vous que je sois stupide, enseigne ?
Une lueur farouche apparut dans les yeux de Sulok, mais ce fut d’une voix froide qu’il répondit :
– Non, monsieur. Mais je suis chargé de veiller sur la santé de l’équipage, or vos ordres la mettent en danger.
– J’en ai parfaitement conscience, docteur. Combien de temps pensez-vous que les hommes puissent tenir ce rythme, sans que leur efficacité ni leur santé en pâtissent ?
– Je l’ignore, monsieur. Il faudrait que je fasse des recherches.
– Et bien faites-les et communiquez-moi au plus tôt les résultats, répondit sèchement Harlington. J’attends de vous que vous m’apportiez votre aide pour la réussite de nos missions, pas que vous me mettiez des bâtons dans les roues. Nous adapterons les horaires de travail selon les résultats que vous me communiquerez. Cela vous semble-t-il correct, docteur ?
– Oui, capitaine.
– Alors que faites-vous encore là ? Vous avez du travail, ce me semble.
Sulok s’en fut sans dire un mot et Harlington, énervé par l’incident, attendit de se calmer avant de rejoindre son équipe.

Tout en obéissant au doigt et à l’œil à son chef d’équipe, l’enseigne O’Connor, Harlington conversa un peu avec ses hommes. Au début, son équipage fut intimidé, malgré ses efforts pour détendre l’atmosphère. Il finit par trouver un difficile équilibre entre la réserve due à sa position de commandant, et une ambiance de travail bon enfant.
Mais quand il comprit que la distance entre ses hommes et lui était quelque chose de normal, hiérarchie oblige, il se promit de dire à T’Savhek de le faire changer régulièrement de groupe, afin de mieux répartir la pression que sa fonction engendrait.

Lors de la courte pause déjeuner, Sulok vint faire son rapport. Le mess étant occupé par l’équipage, Harlington lui fit signe de le suivre jusqu’à sa cabine, et embarqua T’Savhek, O’Connor et Lupescu au passage.
Dès qu’ils se furent installés comme ils pouvaient dans les quartiers exigus de leur commandant, certains avec leur gamelle à la main, Sulok prit la parole :
– Capitaine, les hommes pourront travailler sur ce rythme démentiel pendant quatre jours. Ensuite, il faudra ralentir la cadence.
– J’en prends bonne note, docteur. T’Savhek, il faudra intégrer les paramètres et conclusions de Sulok au planning de travail.
– A vos ordres, commandant. Commandant ?
– Oui, lieutenant ?
– Je me suis livrée à quelques projections. En travaillant seize heures par jour jusqu’au dernier moment, nous devrions être en mesure de procéder à 54, 27% des réparations nécessaires.
– Seulement ? tiqua Harlington.
– Oui, monsieur. Vous permettez, docteur ? fit T’savhek en tendant la main vers le bloc de données de son frère.
Celui-ci le lui tendit sans un mot. Elle jeta un œil aux conclusions de Sulok, se livra à des calculs mentaux, et dit moins d’une minute plus tard :
– J’estime que le navire sera opérationnel à 36,58% avec ces nouveaux paramètres, monsieur.
– Ce sera mieux que rien. On y retourne, fit Harlington avec insouciance.
Les quatre autres lui emboîtèrent le pas, après avoir échangé des regards perplexes. Leur capitaine ne semblait pas inquiet alors que la situation n’avait jamais été aussi précaire.

Neuf jours s’écoulèrent, au cours desquels le moral baissa petit à petit. Si les officiers que Harlington avait reçu dans sa cabine avaient gardé pour eux la teneur de leur conversation, cela n’empêcha pas le reste de l’équipage de se rendre compte que les progrès qu’il accomplissait ne suffiraient jamais dans le laps de temps imparti.
Le commandant Harlington, en revanche, était d’excellente humeur, et certains se demandaient s’il n’était pas devenu fou. Pour sa part, T’Savhek était persuadée qu’il cachait quelque chose, mais il refusa de s’en ouvrir à elle malgré ses demandes pressantes.

Pendant ce temps, l’Amirauté n’avait toujours pas validé l’envoi sur le navire d’une équipe scientifique, et Sulok ne cessait de tourner autour de Harlington, comme s’il cherchait une faille à exploiter. Leurs rapports étaient emprunts d’une froideur extrême depuis que le docteur avait voulu dénoncer les méthodes de son supérieur. Et le Vulcain en vint à se demander s’il ne devait pas faire passer à son commandant des tests psychologiques. Il perdait manifestement pied avec la réalité, et le médecin de bord avait le pouvoir de le démettre de son commandement, même si ce type de procédure était rarissime.

Au soir du quinzième jour des réparations, et alors qu’il restait encore deux heures de travail pour tout le monde avant la fin de la journée, Harlington quitta son équipe et se dirigea vers l’intercom général le plus proche, enfin remis en état.
– Ici votre commandant. Vous pouvez cesser dès maintenant. Nous nous sommes tous donnés sans compter ces derniers jours, aussi avons-nous besoin de repos. Je vous donne donc quartier libre à compter de cet instant, et pour les trois jours à venir. Si certains veulent quitter le bord, l’officier en second T’Savhek supervisera les déplacements. Par ailleurs, j’attends les officiers T’Savhek, O’Connor, Lupescu, Sulok et Mitchell sur la passerelle. Merci de votre attention.
Passé un moment d’incertitude, des cris de soulagement puis de joie se firent entendre. Les cinq officiers appelés, au contraire, avaient l’air morose en pénétrant sur la passerelle. Mais à quoi pensait donc leur commandant ?

Harry Harlington était debout face à l’écran géant de la passerelle, la main posée sur le dessus de son fauteuil de commandement. Il n’avait pas encore pris le temps de s’y asseoir depuis sa prise de fonction. Ce fut T’Savhek qui ouvrit les hostilités.
– Commandant, je ne comprends pas. Puis-je vous rappeler que nos délais ne seront pas tenus, même en continuant sur notre rythme actuel ? Selon mes estimations, le navire n’est opérationnel qu’à 8,67%.
Harlington ne se retourna pas. Au contraire, il fit un pas en avant, et s’assit lentement sur son siège. Il le fit ensuite pivoter vers ses hommes, les yeux brillants d’une flamme indomptable.
– Lieutenant T’Savhek, pourquoi vous inquiétez-vous ? Puisque nos délais ne seront pas tenus quoi qu’il arrive, quel que soit le rythme que nous adoptons, qu’importe si les hommes prennent un peu de repos, par ailleurs bien mérité, je trouve ?
– Mais…commandant ! Est-ce à dire que vous abandonnez ?
– Il me paraît évident que le commandant Harlington ne parvient pas à gérer le stress provoqué par l’impossibilité de…
– Ce sera tout, docteur Sulok, coupa Harlington. Vos évidences ne le sont que pour vous, aussi vous saurais-je gré de les garder pour vous. Jusqu’ici, nous avons affecté tout le monde à la réfection du navire. Dès que les hommes reviendront de leur permission, je veux qu’ils se recentrent sur leurs tâches respectives. Je veux que les pilotes et navigateurs passent leur temps sur les simulateurs de l’Académie. T’Savhek et O’Connor, vous continuerez à superviser les réparations. Sulok, vous allez rendre l’infirmerie opérationnelle, et commencer à former votre assistant à vos méthodes de travail. Lupescu, organisez aussi le service de sécurité, et faites remplir l’armurerie du Baltimore. Quant à vous, Mitchell, en tant que chef de la logistique, je veux que établissiez la liste de tout le matériel dont nous sommes susceptibles d’avoir besoin, et que vous vous le procuriez.
Harlington scruta attentivement ses subordonnés un à un, pour s’assurer qu’ils avaient bien intégré ses ordres. Puis il sourit.
– Quelqu’un connaît-il le commodore Anton Van Peelse ?
T’Savhek et Sulok ouvrirent la bouche, mais Mary O’Connor fut la plus prompte à répondre :
– Il s’agit d’un des plus éminents professeurs d’ingénierie de l’Académie. Il enseigne à l’élite des élèves voués à sa discipline.
– J’ai suivi ses cours, ajouta T’Savhek. Il est d’une compétence inégalée.
– Sa classe actuelle, reprit Harlington, compte une quarantaine d’éléments triés sur le volet. La majeure partie d’entre eux sera ingénieur en chef un jour ou l’autre. mais pour l’heure, ce ne sont que des cadets, et à ce titre, ils sont à l’école. Comme vous le savez, les classes spécialisées sont envoyées sur le terrain pour parfaire leur formation, par le biais de stages de mises en situation professionnelle. Après que j’ai pris connaissance de l’état du navire, et compris sur-le-champ que quels que soient les efforts déployés, nous échouerions dans notre tâche, j’ai pris contact avec le professeur Van Peelse. Il a admis que nos ordres étaient totalement irréalistes, et que nous n’avions pas une chance de réussir dans les délais impartis. C’est un homme de défi et je le savais en allant le voir. Aussi a-t-il accepté d’inscrire la réfection de l’USS Baltimore dans son programme scolaire, sous la forme d’un stage de terrain pour ses élèves, qui durera quinze jours et qui commence dès demain matin.
T’Savhek s’empourpra violemment en entendant ces paroles. En tant qu’officier en second, c’était à elle de proposer des solutions aux problèmes rencontrés par son commandant, or jamais elle n’avait eu cette idée, qui lui parut pourtant simple et élégante une fois énoncée.
– Ce sera un honneur de rencontrer le professeur Van Peelse, s’enthousiasma Mary O’Connor.
Bien qu’elle fut une passionnée de la technique, elle n’avait pas un talent inné dans la discipline, et tout ce qu’elle en connaissait, elle l’avait appris de A à Z, en partant de zéro.
– Voilà qui est…ingénieux, commandant, commenta sobrement Sulok, en regardant Harlington d’un œil nouveau, dans lequel Harry crut voir du respect l’espace d’un instant.
– Vous avez vos consignes. T’Savhek, occupez-vous de superviser tous ces changements, je vous prie.
– A vos ordres, commandant.
– Ce sera tout, messieurs dames. Passez une bonne soirée.
Alors qu’il se dirigeaient vers la sortie, après avoir salué leur commandant, T’Savhek fit volte-face et attendit que les autres soient partis.
– Commandant, si vous voulez ma démission, je suis prête à vous la donner sur-le-champ.
– Vous savez quel est le point fort des Vulcains, lieutenant ? demanda Harry en éludant la proposition.
– Non, monsieur.
– Ils sont opiniâtres. Donnez-leur un objectif, et ils l’atteindrons coûte que coûte, avec une régularité qui n’a pas d’égale. Les Vulcains sont très patients, organisés et entêtés. Pouvoir s’appuyer sur des Vulcains est donc un atout essentiel, selon moi.
– C’est une manière de voir les choses, monsieur.
– Mais ils ont également une grosse faiblesse, je trouve.
– Monsieur ?
– Ils manquent d’imagination. J’espère que vous ferez mieux la prochaine fois, lieutenant.
– Je n’y manquerais pas, monsieur.
– Je refuse votre démission, T’Savhek, car j’estime que votre présence est un plus indéniable.
– Je ne suis pas d’accord, d’autant que vous venez de le prouver, monsieur.
– Tout être est perfectible, lieutenant, vous êtes d’accord ?
– Oui, monsieur.
– C’est en étant confronté à des situations nouvelles ou inhabituelles que nous nous améliorons dans la vie, je pense.
– Je vous l’accorde, et tâcherais de m’y confronter plus souvent à l’avenir.
– Et pourquoi ne pas vous y confronter dès maintenant, lieutenant ? Je vous invite au restaurant.
Elle faillit refuser, par réflexe. Mais cette invitation correspondait parfaitement à ce que Harlington venait d’énoncer avec son histoire de situations nouvelles et inhabituelles. Et les humains avaient le don de la surprendre avec leur illogisme, qu’elle trouvait parfois si rafraîchissant…surtout venant de cet humain là.
– Ce pourrait être une expérience enrichissante, commandant.
Harry sourit.

Leur soirée ne fut pas un succès. Ni l’un ni l’autre ne parvint jamais à se détendre. Ils se forcèrent à parler de tout et de rien, et ces échanges artificiels laissèrent souvent place à de longs moments de silence. C’est avec soulagement qu’ils y mirent fin.
Harlington se maudit de sa nullité. Il avait été en-dessous de tout.

Chapitre 8 : dernière ligne droite


Le jour se levait à peine quand un autobus aux couleurs de l’Académie, rempli d’une cinquantaine de cadets en uniforme, se présenta au pied de l’USS Baltimore.
Le commodore Anton Van Peelse fut le premier à en sortir, et grimpa l’escalier qui menait au vaisseau, d’un pas léger bien qu’il ait dépassé la cinquantaine. Il avait la peau blanche, des pommettes saillantes, des petits yeux enfoncés et brillants d’intelligence. Un début de calvitie dans ses cheveux filasse et une épaisse moustache de même couleur complétait le tableau.
Harlington, T’Savhek, O’Connor et Lupescu l’accueillirent .
– Permission de monter à bord, commandant ? demanda Van Peelse en souriant.
– Accordé, commodore, répondit Harlington. C’est un honneur et un plaisir de vous avoir à bord, monsieur. Je vous remercie à nouveau d’avoir…
– Trêve de bavardage, lieutenant, je crois que mes hommes ont du travail. Faites-leur indiquer leurs positions. Et accordez-moi le plaisir d’une petite promenade à mes côtés.
– Comme vous voudrez, monsieur. T’Savhek, je vous laisse gérer les affectations.

Les deux officiers se mirent à déambuler parmi les vaisseaux stationnés alentour.
– Lieutenant, je dois bien admettre qu’il y a quinze jours, après avoir accepté d’envoyer ma classe travailler sur votre vaisseau, j’ai eu du mal à croire les ordres que vous aviez reçu. Avec un équipage traditionnel, il est impossible de remettre en état un vaisseau tel que le vôtre, obsolète par bien des côtés et ayant subi des avaries jamais réparées jusque-là. Surtout en seulement un mois. Si vous m’expliquiez ce que cela signifie ?
Harlington réfléchit longuement avant de répondre.
– Vous avez entendu parler des événements à bord de l’USS Eagle ?
– Vaguement. Lors de sa dernière mission, le capitaine est mort, le second s’est avéré incompétent, et deux membres d’équipage ont réussi à sauver le vaisseau du désastre.
– Les deux membres d’équipage en question étaient T’Savhek et moi-même. Elle était déjà sous-lieutenant, et moi simple aspirant. Non seulement son grade a été confirmé, mais elle a été nommée lieutenant. Quant à moi, cet exploit m’a valu d’être nommé sous-lieutenant, et de recevoir un commandement. Celui du Baltimore.
– Bizarre que ce ne soit pas elle qui a reçu un commandement, vu qu’elle était la plus gradée de vous deux.
– C’est…surtout moi qui ait agi, et elle m’a suivi, m’apportant d’ailleurs une aide essentielle.
– Je vois, c’est votre prise d’initiative qui est à l’origine de votre promotion.
– Oui, monsieur.
– Mais qu’est-ce que c’est que cette promotion pourrie ? J’ai accès aux archives des Quartiers Généraux, concernant le présent et le devenir des vaisseaux, or le Baltimore devait prochainement être mis sur la liste des navires à désassembler.
– Quand le capitaine de l’Eagle est mort, c’est le commandeur Peter Sanders, son officier en second, qui a pris le commandement. Il a paniqué, provoquant la mort de dizaines de membres d’équipage. Aussi a-t-il été dégradé et rendu à la vie civile à notre retour de mission.
– Quel rapport avec le Baltimore ?
– Quand il a été notifié que j’allais recevoir un commandement, un des amiraux de Starfleet a fait en sorte que je passe sous sa responsabilité. L’amiral Graham Sanders.
– Graham Sanders…comme dans Peter Sanders ?
– Oui. L’amiral est l’oncle de mon ancien supérieur. Il semblerait qu’il n’ait pas digéré le fait que T’Savhek et moi ayons sauvé l’Eagle, tandis que son neveu faisait n’importe quoi aux commandes.
– Il vous tient pour responsable de la chute de son neveu, et vous a donné des ordres impossibles à réaliser pour se venger ?
– C’est ce que je pense, monsieur. Plusieurs de mes connaissances à l’Amirauté ont confirmé cette version.
– Je vois. Il existe des familles qui, de génération en génération, se vouent à Starfleet, par tradition. Et il est vrai que les Sanders y ont une certaine importance. Vous avez conscience que l’amiral n’en restera pas là, même si vous réussissez cette première mission ?
– Oui, monsieur. Mais il va bien falloir que je réussisse à tenir en attendant que l’orage s’éloigne.
Van Peelse se tut. Ce petit avait du courage, aucun doute là-dessus. Grâce à ses propres relations, le commodore estima qu’il était peut-être possible de lui donner un coup de pouce en cas de besoin, si la situation se dégradait pour ce jeune officier.

Quand ils revinrent au Baltimore, les élèves de Van Peelse étaient déjà à pied d’œuvre. Leur professeur fronça les sourcils, et dès qu’il fut monté à bord, multiplia les coups de gueule et les imprécations, les mâtinant néanmoins d’encouragements. L’équipage habituel du vaisseau fut presque jeté dehors, car il gênait les apprentis ingénieurs. Seule l’équipe technique du bord resta, ainsi que Harlington qui, inutile, dut se contenter de se faire tout petit afin de ne déranger personne. Un comble pour le commandant de bord.

Au milieu de l’après-midi, T’Savhek rejoignit Harlington et lui annonça d’ores et déjà que la majeure partie des réparations serait finie dans les temps. Et selon elle, le reste pourrait fait en vol. Leur problème numéro un venait d’être résolu. Tout le stress accumulé jusque-là s’envola aussitôt.

Quand les élèves de Van Peelse quittèrent le navire, dix jours plus tard, T’Savhek estima que le Baltimore était opérationnel à plus de 93%, et quoi qu’il en soit en état de voler.
Entre-temps, Harlington avait appris de la part de l’Amirauté qu’il n’y aurait pas d’équipe scientifique d’affectée à bord pour le moment. Et il reçut une convocation de son supérieur hiérarchique, l’amiral Graham Sanders.

Sanders avait été ravi de dégotter le dossier de l’USS Baltimore NCC-1152, quand il avait fallu fournir au fraîchement promu sous-lieutenant Harry Harlington un premier commandement. N’importe quel officier supérieur sain d’esprit aurait décrété que le vaisseau était bon pour la casse. Voilà qui serait parfait pour mettre fin à la carrière du jeune insolent, à cause de qui son neveu avait été cassé et renvoyé.
L’amiral avait cru s’étrangler de rage en apprenant l’intervention de la classe du commodore Van Peelse. Mais toutes les procédures ayant été respectées, il n’avait pu s’y opposer. Et cette première mauvaise nouvelle à son goût n’était rien à côté de celle qui avait suivi. Les Services Techniques de l’Amirauté lui avaient demandé un rapport sur le pourquoi de ses ordres, concernant un navire qui aurait dû être retiré du service, ainsi que sur le délai imparti pour mener sa réfection.
Conscient qu’il avait dépassé les bornes et que sa carrière pourrait en souffrir, il avait longuement réfléchi avant de répondre point par point. Il était économiquement plus rentable et plus rapide de renflouer un vaisseau, plutôt que d’en faire construire un nouveau. Et il avait ajouté que comme Harlington avait déjà donné la mesure de ses capacités d’improvisation, il n’avait pas douté qu’il parviendrait à remettre le Baltimore en état en un mois. Sanders avait failli pleurer de rage en écrivant ces lignes : il ne voulait que la chute de ce misérable sous-lieutenant, et voilà qu’il était obligé de le complimenter pour couvrir ses arrières.

Quand il le reçut dans son bureau de l’Amirauté, il avait eu le temps de se calmer. Il le fit patienter une bonne heure avant de la faire entrer. Juste pour lui apprendre qui était le patron. Bien qu’il se trouva mesquin sur ce coup là, cela lui fit un bien fou.
– Asseyez-vous, lieutenant Harlington, fit-il froidement. Le navire est prêt à décoller ?
– Il le sera d’ici quatre jours, conformément aux ordres reçus, monsieur.
– Parfait, répondit l’amiral sans enthousiasme. Comme vous le savez, je suis le responsable de la sécurité aux abords de la Zone Neutre Romulienne. Afin de rompre quelque peu l’isolement de nos avant-postes chargés de la surveiller, et de m’assurer personnellement qu’ils sont en mesure d’accomplir leur mission, j’ai décidé d’en faire la tournée. Vous m’aurez donc comme passager lors de votre première mission aux commandes. Je vous enverrai mon aide de camp avec mes bagages. Prévoyez une cabine pour moi, et une autre pour elle. Je vais faire envoyer les détails de notre voyage à votre ordinateur de bord. Des questions ? demanda Sanders sur un ton indiquant qu’il ne valait mieux pas qu’il y en eut.
– Aucune, monsieur, répondit prudemment Harlington. Ce sera un honneur de vous avoir à bord, ajouta-t-il, parfaitement hypocrite.
– Honneur partagé, lieutenant, fit Sanders pour ne pas être en reste.
– Monsieur, la veille du départ, j’ai prévu une petite cérémonie avec l’équipage, pour fêter la réaffectation de l’USS Baltimore au sein de la flotte. Vous y voir serait un plaisir.
– Comptez sur moi, lieutenant, dit l’amiral en grimaçant un sourire. Vous pouvez vaquer à vos occupations, lieutenant, ce sera tout.
– Merci, monsieur. Bonne fin de journée à vous.
Les deux hommes se saluèrent avec civilité, alors même qu’ils se haïssaient.
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MessagePosté le: Jeu 18 Déc - 17:56 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

Toujours aussi bien écrits et passionnants, ces chapitres !
Merci de nous faire profiter de ton talent. Smile
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MessagePosté le: Jeu 18 Déc - 18:02 (2008)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore Répondre en citant

Merci surtout à toi de me lire. Ceci dit, faut que je travaille mon assiduité en ces lieux. Wink
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:48 (2017)    Sujet du message: Star Trek : l'USS Baltimore

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